Un an déjà… un an s’est écoulé… il y a un an … Xynthia, même sans les nombreux rappels des media, on ne risque pas d’oublier.
Nous profitons de belles journées ensoleillées. En mars 2010, nous avions aussi du soleil mais avec un froid nettement plus vif : on trouvait les serpillières gelées dans les seaux le matin, 5° dans ma cuisine et 8° dans la salle de séjour tandis qu’avec tous les bénévoles, nous n’arrêtions pas de nettoyer, nettoyer encore…
Outre les émissions de télévision et de radio, les articles dans la presse (sur ce dernier figure une vue aérienne du quartier avec mon ancienne maison) j’ai lu 2 livres parus en ce début d’année :
Celui de Françoise Saleix-Domballe (Editions du Panthéon) ; c’est un témoignage et pour tous ceux qui auraient du mal à imaginer le désarroi, les errances, le froid, le dénuement d’après la tempête, le mal-être des sinistrés, cet ouvrage peut en donner une petite idée.
Je relève deux erreurs de plus ou moins grande importance : l’une concerne l’heure de la marée haute (4h23 et non 5h30) ; l’autre erreur, plus importante concerne les 500 euros qui, dans les quinze jours suivant la tempête, nous ont été attribués. Cette toute première somme, en liquide, destinée à faire face aux urgences, provenait du Conseil Régional et non du Conseil Général qui nous a aidés par la suite.
Certaines préoccupations de Françoise Saleix-Domballe, à propos de l’élégance ou non des vêtements qui nous furent prêtés peuvent paraître dérisoires mais nous avons tous connu cela aussi, avec plus ou moins d’acuité. Rires et larmes devant l’évidence du lundi matin : ben oui, je n’avais même plus une brosse à cheveux !
Par ailleurs et je retiendrai cela, Françoise Saleix-Domballe pose de vraies questions.
Autre ouvrage, celui, très intéressant et très bien documenté : “La tempête Xynthia face à l’histoire – Submersions et tsunamis sur les littoraux français du Moyen Age à nos jours” aux éditions Le Croît Vif. Ce livre a été rédigé par une équipe de scientifiques, chercheurs dans différentes disciplines et surtout en histoire, sous la direction d’Emmanuel GARNIER et de Frédéric SURVILLE. L’ouvrage est très clair, illustré de graphiques, schémas, encadrés qui en facilitent la lecture. Quelques remarques ne manquent pas de sel car elles sont toujours d’actualité.
J’espère que les auteurs ne m’en voudront pas de citer un paragraphe des écrits produits après la tempête des 22 et 23 janvier 1890 (p.79 et 80) :
“Les dégâts occasionnée à Châtelaillon et au Marouillet par la dernière tempête sont venus démontrer avec une rigueur déplorable combien il importe de prendre rapidement les mesures de défense nécessaires à la conservation des propriétés particulières et aussi de la voie ferrée. Faites en ce moment, les dépenses nécessaires à la défense de ce territoire seraient relativement peu importantes, mais elles seront grosses et très grosses si on attend qu’une nouvelle tempête aggrave le mal”.
Nous avons ainsi un aperçu des différentes submersions et tempêtes subis par nos ancêtres sur une période de 500 ans. Cela relativise un peu l’idée que Xynthia serait uniquement la conséquence du réchauffement climatique. Quant à l’avenir ???
J’ajoute que les droits d’auteurs de cet ouvrage seront reversés à la Fondation de France au profit des sinistrés de Xynthia.
ET A PART CES CONSEILS DE LECTURE ?
J’ai eu la très sympathique visite des pompiers Rochefortais Laurent et Mathieu qui m’avaient confié, afin qu’il se réchauffe et se rassure, un voisin (Marco), bien mal en point parce qu’il pouvait être un peu plus au sec et en sécurité sur ma table de salle à manger recouverte par (seulement !) une vingtaine de centimètres d’eau. Laurent et Mathieu passaient de temps à autre voir comment nous allions (ça baignait !) et c’était rassurant. Ils nous ont aidés lors de l’hélitreuillage. Mais surtout, ils en ont bavé cette nuit là, de trous d’eau en courants aussi forts qu’inattendus. L’eau trimballait et projetait des objets divers, des automobiles (qui auraient pu être garées, la veille, plus en hauteur sur la colline !) ; à la surface, flottaient des immondices et des nappes de gasoil. Je crois que nous ne les remercierons jamais assez, ces pompiers, qu’ils soient professionnels ou volontaires.
AUX BOUCHOLEURS : du côté de la place, les digues ont été surélevées et deux des ouvertures qui permettaient aux tracteurs de descendre sur l’estran ont été fermées.

travaux de fermeture
Et moi, je m’approprie tout doucement ma nouvelle maison ; j’ai un peu moins l’impression d’y être seulement de passage.
Il y a des nappes de violettes au milieu des pelouses, des fleurs s’épanouissent. Je guette la pousse de quelques pieds de pivoines. Tout cela fait du bien.
Contrairement aux propos que véhiculent les medias, compte-tenu des prix de l’immobilier sur l’agglomération, nos maisons n’ont pas été outrageusement surévaluées. Il faut en finir avec cette culpabilisation orchestrée des personnes qui, placées en zone noire ont fait ce choix de quitter les Bouchôleurs. Bien d’autres, ayant fait construire le long de la route auraient peut-être choisi de faire bâtir sur la colline si cela leur avait été possible.
Chez moi, aux Bouchôleurs, j’avais fait refaire l’installation électrique. Ici, à Châtelaillon, j’ai dû rappeler l’électricien afin qu’il mette aux normes l’installation électrique. J’attends le plombier pour quelques rénovations nécessaires (la douche notamment). Petits problèmes au regard de ce que vivent bien des sinistrés ; j’en ai parfaitement conscience et je souhaite à tous ceux-là une issue favorable, conforme à leurs désirs.
Grosses bises aux uns, mes amitiés aux autres.